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Paul Froment(1875-1898) |
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| Sa vie : | Ses poèmes : | |
Paul Froment est né à Floressas, près de Puy-L'Evêque
dans le Lot, le 17 janvier 1875.
On peut voir encore, au hameau de Lamuraque, à 1.500 mètres du bourg, l'humble
maison, aujourd'hui transformée en grange, où il vit le jour.
Il était l'aîné d'une honnête famille de petits paysans, à peu près ruinés par le phylloxéra, qui prirent le parti héroïque, pour payer quelques dettes, de se mettre en condition.
Aller à la journée dans les fermes voisines, puis se louer à l'année, ce fut aussi le sort de Paul, dès que ses bras eurent la force de tenir un outil, c'est-à-dire presque au sortir de l'école primaire.
Nous le trouvons, en 1892, à Massels, près de Penne, en Agenais. Dès ce moment, sans
aucune préparation livresque, ignorant même les notions élémentaires de la prosodie,
il commence à rimer, tout en labourant, ses premières inspirations.
"Au bout de chaque sillon la stance s'envolait (fragnolo); à la fin du journal de labour, il tenait son poème. "

"als curiòs" poème de Paul Froment mis en musique par
Perlinpinpin Folc
1892, c'est l'époque où Victor Delbergé lance, à Villeneuve, un petit journal de patoisants, lou Calel, largement ouvert à toutes les bonnes volontés; Froment y fait ses débuts (15 mai 1892), y rencontre quelques bons amis: Alban Vergne, Aristide Salères, et devient un collaborateur régulier et apprécié du journal.
En 1893, se trouvant à Bélugue, près de Floressas, il fait la connaissance d'un écrivain de talent, son voisin de Ferrières, Francis Maratuech.
Celui-ci a raconté, comment il fit la conquête de cet adolescent timide et un peu ombrageux, sa joie de le voir arriver chaque soir dans le négligé de sa tenue de travail et les bonnes veillées littéraires, sous le manteau d'aïeule de la vaste cheminée, où on lisait en commun quelques pages à la lueur économique du calel.
Ce qu'il faut noter, c'est l'influence des plus heureuses qu'exerça Maratuech, homme de goût autant que de cur, sur le développement du jeune talent. Il fut des premiers à comprendre le poète et à l'encourager. Leur amitié ne se démentit jamais et, après avoir mis à Flous de Primo une préface étincelante, Maratuech fut en quelque sorte l'exécuteur testamentaire de Froment et donna à la Revue de France et au Feu Follet les derniers poèmes que nous connaissions de lui.
L'existence de Froment se partage dès lors entre Floressas, où il fait des séjours
prolongés, et la région de Villeneuve, où il occupe diverses places.
En 1895, Froment - il était alors valet de ferme au Laurier, près de Villeneuve - envoya aux jeux floraux de l'Escolo Moundino, à Toulouse, un manuscrit de Sasous e Mesados et obtint un deuxième prix de sonnet.
Il fit plus : il se rendit à Toulouse et prit part à la félibrée du 26 mai. Il faut imaginer l'apparition, dans la salle des fêtes du Conservatoire, de ce petit paysan timide, disant simplement, sans grands gestes, les yeux au ciel, sa pauvre vie de misère et les histoires du village.
Les toulousains ne lui ménagèrent pas leurs bravos. Encouragé par ce premier succès, Froment résolut de réunir en volume ses premières pièces. Ce fut un gros sacrifice pour sa pauvre bourse; il dut faire presque entièrement les frais de l'édition.
Vers la fin de l'année, A trabès regos paraissait à Villeneuve, chez Victor Delbergé, en une élégante plaquette de soixante-douze pages. L'auteur avait vingt ans.
Ce petit livre fut une révélation.
Mistral,
le premier, en deux longues colonnes de l'Aiôli (17 janvier 1896), souhaitait une
affectueuse bienvenue au " poète Froment " et résumait ainsi son
appréciation: " A trabès regos es la cansoun veritablamen viscudo d'un enfant de
la terro que la Muso a flourejat ".
Paul Mariéton saluait, dans la Revue Félibréenne, " L'avènement de ce pur artiste de nature " et ajoutait, en conclusion: " Paul Froment est en situation favorable pour donner au Midi un nouveau grand poète ".
Antonin Perbosc, dans la même revue, consacrait un article important au nouveau
venu, et l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse, qui avait rétabli, en 1895, ses
concours en langue d'oc, "marquait d'une note blanche cette uvre de début
" (rapport de 1896).
Le petit valet, cependant, continuait à produire et, I'année suivante, il adressait à la même Académie le manuscrit de Flous de Primo. Un illet d'argent récompensa cet envoi.
L'illet d'argent, applicable à tous les genres, avait une valeur de 100 francs, et le pauvre Froment, dons les gages à l'époque étaient de quelque 30 pistoles, s'autorisant au surplus de précédents illustres, troqua contre un beau billet la fleur immortelle.
Quelques mois après, au début de novembre 1897, le recueil de Flous de Primo sortait de l'imprimerie Chabrié, à Villeneuve. Sur ces entrefaites, le poète était appelé au service militaire et, le 15 novembre, il partait pour le 12è régiment d'infanterie, à Lyon.
Mistral le recommanda à un de ses bons amis lyonnais, Eugène Vial ; mais, en dépit de cette amitié précieuse, Froment, qui gardait la nostalgie de la terre natale et n'arrivait pas à se consoler d'un amour malheureux, connut à Lyon des jours de profonde tristesse: témoin ses dernières poésies, d'un accent étrange, inouï dans son uvre antérieure, et qui ont une amère saveur de larmes et de désespoir.
Sept mois après son entrée au régiment, le 10 juin 1898, au
retour d'une permission passée à Floressas, le petit soldat disparut. Le 15 juin, son
corps était retiré du Rhône, aux Roches-de-Condrieu (Isère), à une quarantaine de
kilomètres au-dessous de Lyon.
Ses amis s'émurent, on fit une enquête, mais le mystère de cette fin tragique ne fut jamais pleinement élucidé. Mistral, qui l'appréciait et qui songeait à lui pour le grand prix de poésie aux Jeux Floraux du Septénaire de 1899, pleura la fin prématurée de " l'humble et charmant poète laboureur, tombé, comme un fils de roi, sous le poignard de quelque assassin stupide ".
Des démarches entreprises par ses amis, au premier rang desquels Georges Leygues, député de Villeneuve, aboutirent au transport du corps à Floressas aux frais de l'Etat. Les restes de Paul Froment reposent dans le petit cimetière du village natal.
En 1903, ses admirateurs lui érigèrent, par souscription publique, à
Penne-d'Agenais, un monument modeste qui fut inauguré le 23 juillet, sous la présidence
de M. Chaumié, ministre de l'Instruction publique.
En 1998 à Floressas, à l'occasion du centenaire de sa mort, une stèle réalisée par Jean Luc Rouquié tailleur de pierre à Floressac était édifiée à la mémoire de l'enfant du pays. Le buste de Paul Froment est l'oeuvre de Louis Laur sculpteur villeneuvois.
A l'initiative du Maire de Floressas, Yves Froment, la place du village porte désormais son nom.
| Lum En memoransa de Paul Froment. Es la velhazon. Es l'ora amaizada Coma un fum trebol landra la pensada Mas un boierôt, que canta en laurant, Lo calel remira aquel diuzenc lum.
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![]() Antonin PERBOSC. |
BIBLIOGRAPHIE
UVRES
1892. - Les premiers essais de Froment ont paru dans lou Calel, Journal patois de Villeneuve-sur-Lot, directeur Victor Delbergé, année 1892, 1893, 1894, 1895 et 1896.
1895.-A trabès régos, rimos d'un pitiou paysan 72 pages. Imprimerie Victor Delbergé, Villeneuve-sur-Lot.
1897.-Flous de Primo, rimos d'un pitchou paisan, pre-facío de Francis Maratuech, XVI-72 pages. Imprimerie Ernest Chabrié, Villeneuve-sur Lot
1898.-Dernières poésies de Paul Froment, publiées par Francis Maratuech à la Revue de France, numéro spécial de septembre 1898, consacré aux Cadets de Gascogne.
1899.-Voix d'outre-tombe, poésies inédites de P. Froment publiées par Francis Maratuech à la revue le Feu Follet décembre janvier 1899.
1928.-Lous èls e la bouco, poème inédit (Oc, 1" juin 1928).
En outre, on trouve des extraits de l'uvre de Froment avec notices biographiques et littéraires, dans:
A. PRAVIEL et J.-R. DE BROUSSE. - Anthologie du Félibrige. Paris, Nouvelle librairie nationale, 1909.
Ad. VAN BEVER. - Les poètes du terroir du XV au XIX siécles, tome II. Paris, Delagrave, s. d. -
E. PORTAL Anthologia provenzale. Milano, Ulrico Hoepli, 1911
ÉTUDES A CONSULTER
Frédéric MISTRAL. - Lou pouèto Froument (L'Aioli, Avignon, 17 janvier 1896).
Paul MARIÉTON. - L'évolution félibréenne (Revue félibréenne, année 1895, tome XI, p. 10).
Monique CARAIRE - Connaissance de Paul Froment Forra Borra ESCOLA OCCITANA D'ESTIU